La palissade en coco tressé...
Si le propriétaire de la maison que j'occupe, la SIM, sait parfaitement me réclamer des loyers déjà payés, elle oublie régulièrement de venir terminer la clôture de bambou commencée il y a deux ans. A certains endroits du jardin, j'ai une vue directe chez mon voisin, séparée seulement d'un mince grillage d'ou l'impression de vivre en colocation.
De guerre lasse, je m'apprêtais à faire un sitting au mieux dans les bureaux de la direction, une grève de la faim au pire pour exprimer mon mécontentement. Mais en période de Ramadan, une grève de la faim passe relativement inaperçue et , pour le sitting, je n'ai pas vraiment le temps d'y aller. Pas envie non plus.
Youssouf est passé un matin pour nous dire qu'il se ferait une joie de fabriquer des cocos tressés afin de cacher ce vilain grillage qui nous sert de délimitation. Top là...a dit le chef de famille, Pascal en l'occurence. Donc Youssouf s'est mis au boulot, il est grimpé au cocotier pour y prendre les palmes puis les a tressées chez lui et est arrivé chez nous avec tout le matos pour nous faire une jolie palissade.
A l'aide de son chambo, il égalise les tresses.
Il travaille vite, moi je me serais déjà entaillé une main. Au moins.
Posées les unes à côté des autres, les tresses sont maintenues entre elles par du fil de fer accroché à la grille de bambou.
Maintenues par une simple branche prise sur le premier arbre venu, ce système empèche les tresses de s'enrouler sur elles-mêmes au fil du temps.
Ecologique et sympa, quand le m'tsévé sera vieux, il suffira de le remplacer par de nouvelles tresses.
Voici ce que ça donne vu de devant. C'est propre, c'est quasiment opaque et ça change tout.
Mawa la chienne se demande comment elle va faire désormais pour regarder tout ce qui se passe dans le quartier. Personnellement, j'adore et je peux enfin déambuler dans mon jardin en maillot de bain sans risquer de choquer les âmes sensibles. La prochaine note: l'art de tresser les palmes et de grimper au cocotier.
Kaay à Mayott
Le patchwork des oubliées: septembre 2008...
Voici le Patchwork des Oubliées du mois de septembre. Des photos de bateaux, de baleine, de dauphins, de mon petit geicko que je photographie toutes les semaines, du lagon et d'un petit bout de chez moi.
Kaay à Mayotte
Les zabitations....
tPour les futurs zhabitants de Mayotte, vous aurez le choix entre différentes habitations que je me fais un plaisir de vous présenter aujourd'hui.
Le banga, habitat traditionnel de l'adolescent mahorais qui quitte ainsi ses parents pour un peu plus d'autonomie en attendant de se marier et de vivre chez sa femme. Il est possible d'en louer un à peu de frais, mais le confort y est rudimentaire. Pas d'eau courante, pas de toilette, peu d'ouverture, mais une fraîcheur garantie dûe à la construction faite de terre et de bambou. Il ne reste plus beaucoup de bangas sur l'île et c'est bien dommage. En dehors du côté architectural qui est plus complexe qu'il n'y parait, cette petite case a un charme fou et la variété de couleur est infinie, suivant l'endroit d'où la terre a été prélevée. Je me suis fait la promesse que, le jour ou j'achèterais une maison, j'aurais un banga dans mon jardin en guise de cabane d'invité. Et ce , quelque soit l'île ou je vivrais.
La case SIM, que tout le monde connaît ici. On y habite tous, les Mahorais comme les m'zungus. Elles sont plus ou moins grandes, plus ou moins bien placées, mais offre le confort qu'on peut attendre d'une maison digne de ce nom: terrasse, jardin, eau chaude, prise téléphonique, et évacuation d'eau pour la machine à laver. Elles sont de différentes couleurs, la mienne est rose saumon, celle de la photo est couleur lagon, verte et bleue. Vous, vous aurez peut-être une rouge sang ou une jaune poussin ou une bleue Klein. De la petite maison avec une chambre en mezzanine, à la plus grande de six chambres et trois salles de bain, il y en a pour tous les goûts et toutes les familles.
Les appartements en résidence privées, appartiennent à des particuliers qui les louent aux m'zungus le temps d'un contrat. Pour ceux qui ne veulent pas s'encombrer d'un gazon à tondre.
Et puis, plus près de ce qu'on connaît en métropole, une cité nouvelle voit le jour à Majicavo-Koropa. L'appellation officielle est " résidence de charme ", en vente à des prix....à des prix quoi...
Bâties en urgence pour parer au plus pressé, elles n'ont pas finies de pousser, la demande de logement avec l'arrivée annuelle de 7 000 bébés supplémentaires par an, se faisant criant. Nommées aussi Résidence de Luxe...mais si mais si madame toutafè...le journal local nous fait parfois état des irrégularités de construction aberrantes: des prises électriques posées au dessous des évacuations d'eau, des murs si fins qu'on vit avec les voisins, et des carrelages qui se baladent tout seuls parce que mal posés au départ. Pour un prix relativement cher, vous aurez toutefois la vue sur le lagon. Même ceux qui habitent derrière vous, c'est fou...
Pour l'effet mouton, c'est gagné...!! je ne critique pas les locataires de ces petites maisons, je critique les architectes qui auraient pû personnaliser un peu l'ensemble. Un samedi soir, après trois rhums-vodkas, comment rentrer chez soi sans se tromper..??
Enfin, pour les plus fortunés d'entre vous, il y a toujours la possibilité de louer ou d'acheter une maison individuelle, qui comprendra tout ce dont vous avez besoin et même plus. Généralement accompagnée d' un beau jardin avec arbres fruitiers et d'une piscine à débordement d'où vous aurez une vue imprenable sur le lagon. J'ai craqué sur celle-ci et je ne résiste pas à vous mettre une seconde photo...juste pour le fun.
Elle est mimi, nan..??
Kaay à Mayotte
Ma déco...
Des paniers trouvés au marché, des bois flottés qui attendaient une seconde vie sur la plage, des coquillages posés sur du sable noir au fond du vase et des souvenirs des Caraïbes comme la statue ethnique.
Des coquillages posés ça et là, une salamandre au dessus de ma tête, un tout petit bol anis pour y mettre l'indispensable poutou (piment), et le fond d'une pirogue trouvé sur la plage et rempli de nos trouvailles du dimanche.
C'est ma 200e note et je voulais qu'elle soit simplement jolie.
Bon week-end à tous
Kaay à Mayotte
Le grand ménage...
Le vent apporte avec lui de la fraicheur mais aussi du sel et de la poussière. Et la poussière, ça fait sale dans la maison. D'autant que la maison est constamment ouverte sur la terrasse qui est elle-même ouverte sur le jardin. Et que Mawa la chienne fait des allers et retours toute la journée entre la maison, la terrasse et le jardin.
Bref, la maison est pleine de poussières. Chaque semaine se pose alors la douloureuse question de savoir qui va prendre le balai et les chiffons et nettoyer tout ça.
L' occasion aussi de voir que celui qui pose la question est en général celui qui s'y colle. Ya pas de justice, fallait pas demander...!!
Un jour ou je me dis que, j'en ai marre, je me tape tout à la maison, les courses, le ménage, la cuisine...ah non, pas la cuisine, ça c'est Pascal qui est le chef, et les courses on les fait à deux, mais j' en ai marre quand même, un matin disais-je ou dans ma tête je suis Cosette, je trouve la solution miracle: une bouéni. Une femme de ménage qui viendrait faire quelques heures dans la semaine et me libérer ainsi des tâches ménagères.
Je prends contact avec l'Association Tifaki Hazi que l' on peut traduire par "aide ouvrière " qui après quelques questions me dirige vers Anfiati. Elle habite à 5mn de chez moi, et le premier contact est bon.
Depuis le mois de novembre, Anfiati vient donc tous les samedis matins rendre ma maison propre et belle. 4h de dur labeur qui me décharge de la corvée les jours ou je suis en congé. De 8h à 12h, elle va donc me briquer de fond en comble la maison, bouger tous les meubles, faire le tour des portes, laver les sols et ranger à sa manière tout ce qui traîne. Tous les samedis, je lui prépare un pichet de thé glacé qu' invariablement elle refuse.
Elle a interdiction de toucher au linge, ne s' occupe pas de mettre une machine à laver en route ni d' étendre le linge. Chacun ses petites maniaqueries, je préfère le faire moi même. Elle ne s'occupe pas non plus de la terrasse que Pascal fait le vendredi à grands coups de jets d' eau. J'apprécie par contre qu' elle fasse les nacos, ces vitres tropicales qui laissent passer l' air particulièrement casse-pied à nettoyer.
Par certains côtés, elle doit nous trouver vraiment bizarres. Par exemple, j' avais acheté au marché un balai mahorais, le pewu, pour servir de déco sur ma terrasse. Mais pour Anfiati, un balai en guise de déco est une chose stupide, alors elle s' en sert pour balayer devant ma porte. Ok, Anfiati, après tout, un balai pour balayer, pourquoi pas...
A la fin de chaque mois, je dépose dans les locaux de l' association à Cavani un chèque et une feuille de présence dûment remplis. Les charges sont comprises dans les 7.09 euros de l' heure ainsi que les congés payés. Et à la fin de l'année, les impôts me feront un cadeau de 50% de réduction. Ils sont gentils le Trésor public tout de même...
Je vous mets les coordonnées de Tifaki Hazi et je profite de ce blog pour passer une petite annonce: je recherche un jardinier pour s' occuper de mon jardin qui ne ressemble à rien du tout. Il faut juste qu' il habite Petite-Terre et qu' il ait des papiers français. Et qu' il connaisse le jardinage, bien sûr...
Tifaki Hazi
BP 687 97600 Cavani-Mamoudzou
Tél: 02.69.62.46.46.
Fax: 02.69.62.81.66.
Kaay à Mayotte
Mayotte en pleine dépression....
Depuis mercredi, on souffre, on souffre de vivre sous le soleil. Soleil qui est eclipsé par les nuages gros comme ça et qui nous viennent de l'est. Une méchante tempête tropicale prénommée Fame s'abat sur les Comores. De la pluie, donc, sans discontinuer avec quelques orages au milieu pour faire joli.
Mon carré de jardin dont j'étais si fière ne ressemble plus à rien. Les arbustes plantés amoureusement par le précédent locataire n'ont pas résistés à la tempète....
...et un papayer s'est écrasé lamentablement sur le toit cete nuit. Mon voisin, très sympa, vient de me dire que les deux autres menaçaient d'en faire autant mais sur le côté gauche de la maison. Tant qu'à faire, autant voir grand.
Ah oui, y en a un qui s'est écrasé contre le mur. Pour couronner le tout, je ne sais même pas si je dois aller voir les assureurs lundi. Pour déclarer quoi, la perte des arbres..? ça se fait, ça..??
Deux points positifs toutefois: ce matin, la barge n'a pas pu prendre la mer, et donc je n'ai pas pu aller bosser. L'avantage d'habiter sur Petite-Terre. Ensuite, j'ai à ma disposition une cinquantaine de papayes et trois régimes de bananes qu'il va falloir manger dans la semaine. Qu'est-ce qu'ils disent à la télé déjà..?? "Mangez 5 fruits et 5 légumes par jour" ...ppfff....trop facile....!!
Bon week-end à tous
Kaay à Mayotte
De retour à Mayotte....
Il s'est passé pleins de choses dans notre vie ces derniers mois. Tout d'abord, on a déménagé au mois d'août dans une petite maison SIM.
D'un meublé F1 avec vue sur le lagon, nous avons échangé avec un F3 avec vue sur jardin tropical. Oh, pas très grand le jardin...100 m2 à peine, mais suffisant pour nous sentir un peu dans une mini-jungle.
Les bananiers nous offrent généreusement leurs régimes toute l'année. Une dizaine de pieds poussent dans le jardin, et pour un de coupé, il y en a trois qui repoussent sur le pied "mort". On redécouvre les joies du jardinage, Mawa la chienne a de l'espace pour s'éclater et son truc est de sauter le plus haut possible pour arracher les feuilles de bananiers. Bizarre comme chienne....
Avec le jardin, on a aussi le plaisir de temps en temps de voir dans notre salon une scolopendre traverser la pièce, une blatte squatter la douche, et une araignée dormir dans la chambre. joyeusetés de la nature. Pourtant, notre terrasse est entièrement fermée avec de la moustiquaire. D'un meublé donc, nous sommes passé à un non-meublé et il a fallu acheter tout ce qu'une maison digne de ce nom contient: frigo, gazinière, canapé, matelas et lit, table et chaises. Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai mis autant de temps à acheter mon ordinateur qui n'était pas la priorité.
Parmi le peu de choix dont on dispose à Mayotte, on a tout de même réussi à trouver des petits meubles qui nous plaisaient. Cette commode en bois de tamarin en est un exemple et elle nous sert à ranger nos coquillages ramenés sur les plages, et accessoirement de table basse.
J'ai aussi ramené quelques trucs de métropole. Là-bas, je me suis cru comme un gamin dans une usine de bonbon, je voulais tout prendre. Hélas, la compagnie Kenya Airways ne m'autorisait que 30 kgs de bagages. Le jour ou on quittera Mayotte, c'est sur qu'il nous faudra faire un choix pour le déménagement. Mais je crois que cette fois, on louera un container. On s'embourgeoise, on s'embourgeoise...!!
Kaay à Mayotte
la résidence de Dzaoudzi
La résidence à Dzaoudzi est une habitation coloniale qui servait de demeure au gouverneur en place à Mayotte, à l'époque ou Petite-Terre était le lieu de résidence de l'administration française, tandis que Grande-Terre était réservée "aux indigènes " (....!!!!!)
Elle devait être jolie à l'époque, mais elle est un peu décatie aujourd'hui.
A l'intérieur se tient une expo sur l'artisanat mahorais par l'association Ouhayati. L'occasion de visiter l'intérieur de l'habitation. Notez l'harmonie du parquet couleur cacao et des murs blancs. J'ai idée que ça ne me déplairait pas comme résidence secondaire, cette petite case...!!
J'ai oublié son prénom, mais il me demande le prendre en photo quand il voit que je prends l'intérieur. "les hommes sont plus intéressants que les meubles, non..??" est-ce qu'il voulait parler des hommes, ou des êtres humains en général...? le mystère reste entier.
J'aime bien cette photo; elle est floue, sans intérêt, mais j'aime bien quand même. Alors, puisque c'est mon blog, je fais ce que je veux, et je la mets si je veux...!!
La varangue, vestige d'une époque révolue ou le Gouverneur devait prendre le thé, ou autre chose, en compagnie des hommes d'influence de passage à Mayotte.
Kaay à Mayotte
Les habitations...
Loin d'avoir un style bien défini, les "maisons" mahoraises sont plutôt construites avec des matériaux de base et sans agencement particulier.
Le béton, la brique, le parpaing, la pierre prennent de plus en plus la place des maisons en torchis et en végétaux.
La maison est apportée par la femme lors de la cérémonie de mariage, et en cas de séparation, l'homme retournera vivre chez sa mère. Dans la tradition, le père construit la future maison d'habitation de ses filles, ce qui peut lui gréver son budget pour de nombreuses années.
D'ou l'importance d'avoir des matériaux peu chers et solides. Ce qui donne aussi l'impression d'habiter sur une île sans cesse en construction: partout des chantiers d'habitations, au fur et à mesure des naissances de filles dans une famille.
Les murs en parpaing, le toit en tôle, la clôture en sacs plastiques, il n'a pas fallu beaucoup de temps pour construire cette petite case.
Deux containers superposés font aussi bien l'affaire. Les fenêtres sont simplement découpées dans la tôle et recouvertes de planches de contreplaqué pour l'opacité.Pour vivre heureux, vivons cachés...!!
Mon voisin a placé des pierres sur son toit pour maintenir celui-ci en place. On peut voir les couches superposées de la tôle qui compose le toit et les murs. Plus près du rafistolage que de la vraie construction, ce type de case est aussi une véritable étuve, ou l'air frais rentre très rarement.
Celle-ci n'est pas terminée, et depuis près de trois ans que j'habite dans le quartier, les travaux n'ont pas bougés d'un parpaing. Pourtant, une famille l'habite, et, on ne le voit pas sur la photo mais une antenne de télévision satellite est installée sur le toit. Chacun ses priorités...!!
Construit les uns sur les autres, comme ici sur la commune de Sada, ayez une pensée pour les agents administratifs qui s'occupent de mettre le cadastre à jour.
Kaay à Mayotte
































































