Ramadan 2008, bientôt fini...
Après un mois de jeun et d'abstinence en tous genres, le jour de l'AÏD viendra clore le chapitre du Ramadan pour cette année. Sur les conseils de mes collègues, j'ai donc fais Ramadan pendant....une demi-journée. Oui, parce que je me suis abstenue de boire dès mon réveil à 6h du mat' jusqu'à...pfiou...11h30. Il faut dire que la clim' du boulot plus le bavardage intempestif de ma personne avec ma copine Flo m'ont asséchés le gosier plus que de raison. Je me suis ruée sur la première bouteille d'eau venue et je me suis descendue mon demi-litre en quelques secondes. Fin du Ramadan chez Kaay: j'ai tenu 5h30. Applaudissements. N'empèche que je me demande après coup comment font les autres, surtout qu'à Mayotte, la tradition orale a encore de belles journées devant elle. Les Mahorais parlent, parlent et re-parlent toute la journée, sans discontinuer, Ramadan ou pas. A se demander quel est le secret d'une gorge humidifiée à toutes heures...
Selon le calendrier lunaire, la fin du RAMADAN devrait avoir lieu le 2 octobre. Mais des esprits malins ne tiennent aucunement compte du dit calendrier et attendent simplement de voir le croissant de Lune dans le ciel étoilé. Pourvu qu'un gros nuage ne se décide pas à squatter l'horizon, sinon c'est fichu. L'avantage pour nous, habitants de Mayotte, est que le jour de l'AÏD est un jour férié. Mais on ne sait pas encore si le congé supplémentaire aura lieu mercredi ou jeudi. Nous verrâmes bien.
Les derniers achats se finalisent et Mamoudzou est noir de monde. Deux bouénis viennent d'acheter des chaises en plastiques et se précipitent vers la barge pour rapporter leurs trophées. Pour 25 euros les quatre, c'est une affaire à ne pas louper.
Moi, j'aime bien la fête de l'AÏD, parce qu'on passe de maison en maison et la coutume veut qu'on nous serve un petit quelque chose à manger. J'ai déjà prévue d'aller chez Echata qui fait les meilleurs samoussas du monde et chez Sitti qui n'aime pas faire la cuisine mais qui se force ce jour-là.
A charge de revanche, à Noêl, on leur apportera des gâteaux faits maisons et des chocolats faits à l'usine.
Ou l'avantage d'avoir plusieurs religions qui se cotoient dans un même pays, pour le meilleur...et pour le meilleur.
Kaay à Mayotte
Combien tu m'achètes....
J'ai appris dernièrement que la demande en mariage à Mayotte se faisait par une transaction financière: l' intéressé pose une certaine somme d'argent sur la table et la promise accepte...ou refuse l'argent, donc le mariage. La bouéni qui me raconte ça peut se targuer d'avoir couté à son mari la somme de 3 000 euros ( 20 000 fr ) il y a 10 ans. Une autre me raconte que son mari a déboursé la coquette somme de 7 000 euros mais a pû en échange exiger que la mère de madame ne mette jamais les pieds à la maison.
Donc, en plus des bijoux que Monsieur doit acheter pour couvrir sa chérie d'or et de diamants, il doit s' acquitter aussi des frais mobiliers et électro-ménager pour meubler la maison qui appartient à sa femme. La liasse de billets revient à la dulcinée, et celle-ci peut choisir de tout garder, d' en offrir une partie à ses parents (un juste retour sur investissement..), ou de placer cette somme pour ses enfants plus tard.
De retour chez moi, un déshabillé en soie de chez ETAM sur le dos, les cils battant l'air comme une biche, la bouche en coeur ( poupoupidou...), je demande à l' homme de la maison combien il aurait payé pour m'épouser. L'homme arrète son geste en plein vol et me regarde d'un air mi-géné, mi-navré:
- Si j'avais dû payer pour épouser une femme, on ne serait pas ensemble.
- Hum, hum, développe ton idée...
Ben, j'aurais pris le modèle au dessus: plus grande, plus fine, plus belle (pas évident mais ça doit exister...), meilleure cuisinière et surtout, une qui ne confonde pas les jeux d' échecs avec une partie de dames.... ( haan le fourbe, t' étais pas obligé...)
C'est malin, maintenant je boude.
Pourquoi j'ai posé la question, moi....??
En plus, c'est pas de ma faute si je prends une toutoune à chaque fois que je joue aux échecs contre l'ordinateur: IL TRICHE....
Kaay à Mayotte
Le m'biwi.....
Pour une fois, je ferais une note ou rien ne m'appartient: ni la photo que j'ai prise sur le site de l'Office du Tourisme de Mayotte, ni la définition qui l'accompagne et que j'ai empruntée sur le site de RFO.
" Quand les femmes à Mayotte se mettent à jouer et à danser le m'biwi, qu'on appelle aussi "balance-fesses", elles forment un cercle et chacune à leur tour se placent au milieu pour montrer leur capacité à remuer les hanches d'une manière à la fois très suggestive et très discrète.
Rapidement, à l'écoute des m'biwis, ces petits bâtons de bambou que les femmes entrechoquent dans une rythmique très spécifique, les hommes s'approchent et regardent, en faisant semblant de ne pas vraiment voir ce qui se passe; car cette danse très évocatrice les fait fantasmer."
J'ai eu l'occasion hier d'assister à cette danse à l'occasion du mariage de la fille de mon voisin. Comme je n'étais pas invitée, j'ai suivi les évenements depuis ma terrasse d'ou je n'ai rien râté, mais pour ce qui est des photos, il m'a été impossible d'en prendre de correctes. Je vous invite à aller sur le blog de Christine des blog-trotters qui a fait une note sur le Grand Mariage et qui a une photo magnifique d'une bweni en train de danser le m'biwi.
J'ai été surprise de voir la grâce et la sensualité qui se dégageait des femmes. Pour qui a déjà vu une Africaine, une Brésilienne ou une Antillaise bouger les fesses et le bassin en dansant, peut aisément imaginer la femme Mahoraise danser le m'biwi. La plus insignifiante se transforme en une magnifique créature, dès lors qu'elle sait bouger son corps.
Vous l'avez compris, je fûs sous le charme, ainsi que Pascal et Didier, mais pour des raisons sans doute autres que les miennes...et tentais vainement de les imiter. Mais si mon rythme est bon ( oui, j'ai le rythme dans le corps, j'y peux rien, c'est comme ça..), le mouvement des fesses se transforme en une sorte de......ou plutôt....je ne sais pas trop....en tout cas, le regard perplexe des frangins me regardant et détournant aussitôt les yeux pour des beautés plus exotiques, m'a confirmé, si je ne le savais déjà, que mes hanches s'accommodent mal de ce genre d'exercice.
Peu importe finalement que je ne sache pas danser le m'biwi, j'ai été transportée par la magie des mouvements et de la musique qui l'accompagne. Didier, le frère de Pascal, a eu beaucoup de chance de voir ça les premiers jours de son arrivée, et il en a conscience. J'espère que nous pourrons lui faire découvrir tout ce que Mayotte nous a donné au cours de ces trois dernières années.
Bonne semaine à tous
Kaay à Mayotte
Le Grand Mariage....
Depuis plusieurs semaines se prépare chez mon voisin un évènement de taille: il marie sa fille. Nous assistons donc du haut de notre terrasse aux préparatifs de la cérémonie. Le Haroussi, Grand Mariage mahorais, est réservé le plus souvent à l'ainé de la fratrie et pour préserver l'honneur familial, il se doit d'être fastueux. Il est aussi un bon indicateur de la fortune dont dispose les familles.
Mon voisin a posé des chapiteaux dans son jardin depuis la semaine dernière et une sono pour l'ambiance. Les bwenis s'y regroupent pour préparer les plats et pâtisseries qu'elles offreront aux invités. L'ambiance est à la fête et les chants comme les rires viennent ponctuer ces moments privilégiés.
J'ai pu assister, du haut de ma terrasse je vous le rappelle, au M'Chogoro qui est la marche nuptiale accompagnant le marié chez sa femme. Les hommes de la famille et les amis ouvrent le cortège au rythme des tam-tam, revétus pour l'occasion des habits traditionnels.
On les entend arriver de loin et les gens du quartier affluent de toutes parts pour assister au spectacle. C'est beau, c'est très beau et je leur trouve beaucoup de classe.
Le marié est entouré de deux amis vétus comme lui de vêtements richement parés qui ne sont pas sans rappeler certains Princes du Désert. Des ombrelles les protègent du soleil, tandis que les femmes ferment la marche nuptiale.
La rue est envahie et les camescopes et autres appareil-photo fonctionnent à plein régime.
Toujours au rythme des tam-tam, le cortège se dirige vers la maison de la mariée, et après une prière, le marié est invité à rejoindre sa femme dans la maison.
La noce s'est prolongée jusqu'à l'aube et nous avons pu voir la danse des hommes appelée chigona.
Fermez les yeux et tentez d'imaginer quelques secondes la magie de cette danse: les épaules et les hanches bougent au rythme des tam-tam et percussions, tandis que les pas se font plus ou moins importants. La musique, charmante, lancinante, envôutante se fait plus rapide à certains moments; le chanteur raconte des histoires ordinaires et les hommes lui répondent en écho. Nous avons regardés, fascinés, ces hommes de tous âges évoluer en rythme.
Les averses de pluie n'ont rien arrétées, et le chigoma a continué, ponctué d'éclats de rire. Vers 2h du matin, alors que j'étais dans cette phase de sommeil ou on ne dort pas encore mais ou on perçoit les sons, je me suis surprise à réver que j'étais en Afrique, dans une atmosphère à mi-chemin entre Greystock, King Kong et Out of Africa et que les tribus africaines se livraient à des concours de danse pour savoir qui serait la tribu victorieuse. Les rèves sont bizarres, parfois...
Ce Grand Mariage a débuté lundi soir et se termine ce soir, du moins je l'éspère. Les meilleures choses ayant une fin, j'avoue que la musique jusqu'à pas d'heure et le défilé continu des voitures devant chez moi commencent à me lasser. Mon cher voisin n'a pas jugé bon d'inviter les m'zungus du quartier, vous vous contenterez donc de ces images volées du haut de mon perchoir. Et si on peut évaluer la fortune d'un homme au Grand Mariage qu'il offre à sa fille, celui-ci est immensement riche....!!
Même pas une Corne de gazelle en guise de dommage pour le bruit causé, vous vous rendez compte...??
Kaay à Mayotte
J'ai oublié de vous dire...
La France est, parait-il, le pays de la galanterie. Et même si les bonnes manières se perdent, oui ma brave dâme, le Savoir-Vivre est toujours très présent. Il faut simplement prendre un recul de plusieurs milliers de kilomètres pour s'en rendre compte et en avoir la nostalgie.
Prenez Mayotte: française d'un point de vue administratif et politique, de religion musulmane et de culture africaine: un beau mélange qui donne des habitants d'une gentillesse et d'un accueil très agréables.
Mais la galanterie, pour reprendre ce terme un peu désuet, n'est pas le point fort de l'île au lagon. Oh que non...!!
Ainsi, il vous arrivera fréquemment (tous les jours, c'est fréquent, non...??) de vous prendre une porte dans la g...... parce que personne ne pensera à vous la tenir quand vous entrerez ou sortirez d'une pièce. Et que vous soyez enceinte jusqu'au cou ou encore les deux jambes dans le plâtre ne change rien à l'affaire. Vous vous la prendrez de toutes façons...!!
Simple comme bonjour: pas si simple en vérité puisqu'on nous aborde souvent au boulot avec un délicat "aspirine", le médicament le plus vendu ici. Oublié les fameux Bonjour, s'il vous plait et merci. Il est à noter toutefois que le SILVOUSPLAIT n'existe pas dans la langue shimaorais. Mais les deux autres, si. Toute la journée, il se passe un phénomène étrange: alors qu'on est en train de servir un client, donc visiblement on est occupé, une personne arrive et, toujours sans le mot de passe "bonjour", nous commande d'un impérieux "Aspirine" (ça peut être Doliprane, peu importe). Sans égard aucun pour le client dont on s'occupe. D'ou l'importance de connaitre la phrase: lindra touriao qui signifie Attends ton Tour. Inutile de vous dire qu'à la fin de la journée, je fais souvent précèder cette phrase d'un vulgaire "mais merde..."
Le crachat: on crache beaucoup en Afrique et Mayotte n'échappe pas à la règle: jeunes ou vieux, femmes ou hommes, beaux ou moches, tout le monde, j'vous dit...et à la descente de l'avion ou à la sortie de la barge, c'est un vrai concert qui commence; ça remonte le long de l'oesophage avant de s'échouer bruyamment sur le sol. Je me suis faite à beaucoup de choses ici, qui me paraissaient aberrhantes au début, mais pas à ça. Trois ans après, ça me dégoute toujours autant et je ne suis pas la seule. Jusqu'ici, je n'en ai jamais ramassé un sur les pieds mais le premier qui me le fait, je lui colle une baffe. Craché, juré...!!
Mayotte succombe comme tout le monde à la mode du portable. Vous savez, ce petit objet qui peut nous embellir la vie comme nous la pourrir. Personnellement, le mien ne me l'embellit pas (ma vie n'a pas besoin de ça pour être belle ) et je m'arrange pour qu'il ne la pourrisse pas non plus. Mais les accrocs au portable me gonfle souverainement: tandis qu'on discute avec une personne charmante (ben sinon on ne discuterait pas ensemble, isn't it...) son portable sonne et vous n'existez plus. Au début, j'attendais que la conversation se termine, mais maintenant, je tourne le dos et disparais. Nul quand c'est une copine qui vous fait ça, lamentable quand c'est une cliente qui est venu pour un conseil, et carrément déplacé quand j'explique la posologie des médicaments de l'ordonnance à la dame qui est malade. Selon mon humeur, je passe à un autre client ou alors j'exige que la cliente raccroche immédiatemment. La plupart s'éxecute immédiatemment mais il y en a toujours une partie qui ne voit pas ou est le problème.
Encore que quelque chose me dit qu'il n'y a pas qu'à Mayotte que ce phénomène existe...
Voilà en gros à quoi il faut vous attendre en arrivant ici: les portes qui se referment sur votre face, votre tour dans la file d'attente qui n'est pas respecté, un gros crachat qui atterri non loin de vous, et le téléphone des autres qui vous agresse constamment; oui, parce que si c'est le votre, il ne vous agresse pas, il vous appelle..!!
Ah si, autre chose: la culture mahoraise et comorienne en général, est de tradition orale; peu d'écrits, tout se transmet oralement. Et je veux bien le croire....!! existe-t-il à Mayotte une personne taciturne..?? je n'en connais pas. Tout le monde parle. Tout le temps. Toute la journée. Et en même temps. Ce qui fait que, pour être entendu de son voisin, tout le monde parle FORT. Très fort. Ah, le doux son de ma voisine quand elle appelle son fils à 6h du matin: Ahmeeeeeeeeeeeed............debout, y a école....!! sa copine appelle sa fille de la même façon de l'autre côté de la rue, puis elles s'appellent mutuellement en hurlant: Aïcha, waféte...?? ( comment ça va..?). Mon réveil sonne généralement à ce moment-là et tous les matins, je me demande pourquoi je le fais sonner, alors que je pourrais économiser les piles.
Voici un résumé d'une journée "normale" à Mayotte. Au moins, c'est vivant...!! ma copine Nath est allée 3 semaines en Inde l'année dernière et sa réaction au retour a été de nous dire qu'elle ne trouverait plus JAMAIS Mayotte bruyante. Qu'est-ce que ça doit être...??!!
Kaay à Mayotte
Un monde solidaire...
L'autre soir, j'ai oublié mes sous au boulot et je m'en suis rendu compte sur la barge. En temps normal, pas de problème, je rentre à pied, mais là, il s'est mis à pleuvoir. Tant pis, je serais mouillée, je n'ai pas 1 euro pour le taxi-brousse. Je fais donc un bon kilomètre à pied, quand un taxi s'arrête: je te dépose chez toi...? nan, j'ai oublié mes sous---mais tu peux pas rentrer à pied, il pleut, on ne laisse pas les gens comme ça, sous la pluie. Monte, tu paieras un autre jour...
Il vous arrivera ainsi de dépanner des gens au supermarché ou à la boulangerie: s'il manque un peu d'argent pour payer la note, c'est naturellement qu'on se tourne vers les autres pour demander le complément. On voit cette scène tous les jours dans les commerces: la note se monte à 25,76 euros et la cliente n'a que 23 euros...? elle demande autour d'elle et quelqu'un paie le reste.
Sans aucun espoir de se faire rembourser un jour, sinon on passe pour un mesquin.
Charge à vous de rendre le geste au prochain qui vous le demandera, vous ne savez pas si vous n'aurez pas besoin de lui un jour...
Ne jamais oublier que Quelqu'Un voit tout là-haut et si vous refusez l'aumône à un nécessiteux, Il saura vous le rappeler en temps voulu...!!
Kaay à Mayotte
Dans le secret des druides....
Tout le monde le sait, tout Mayotte est au courant, sauf moi....:il existe une recette INFAILLIBLE pour faire cesser la pluie. Chacun sait faire venir la pluie, vous connaissez comme moi les pas de danse qu'il faut exécuter pour cela , mais faire en sorte que la pluie arrête de tomber,j'avoues que j'ai tendue l'oreille quand Ichati m'a parlé de ça.
- Il suffit d'allumer un feu et d'y jeter une poignée de sel.
- ah bon, c'est tout...?
je me vois déjà sortir les 25 l de charbon qui attendent près du barbecue, mon kilo de gros sel et à moi le soleil toute l'année, terminée la saison des pluies.
Je me surprends à exécuter trois petits pas de danse à l'annonce de cette bonne nouvelle, au risque d'ailleurs de faire venir celle que je voudrais voir disparaître, mais je suis stoppée net dans mon élan par Sitti qui me fait remarquer qu'il faut également une prière pour accompagner le geste de jeter le sel dans le feu.
Pas de problème: je prends un bout de papier, un stylo et m'apprête à y inscrire les mots magiques.
Éclat de rire général: il n'y a que les Foundis qui connaissent la prière.
Re-pas de problème: je veux devenir Foundi. Donnez-moi le formulaire d'inscription, je prendrais 3-4 leçons et j'apprendrais le reste sur le tas...
J'ai juste oublié que le Foundi est le maître qui apprend le Coran aux élèves à l'École Coranique; le Maître, pas la maîtresse...
Il faudrait donc pour cela que je devienne un homme, que je me fasse baptiser dans une religion dont j'ignore à peu près tout, et enfin que je montre patte-blanche afin de parvenir à la connaissance divine: trop long et trop compliqué.
Je reprends donc le début de ma note avec une petite nuance: tout le monde à Mayotte SAIT qu'il existe une formule magique pour faire cesser la pluie, mais personne ne CONNAÎT le secret de cette fameuse formule...!!
Après tout, la pluie est nécessaire à la vie, non...??
arrgh...j'en pleurerais presque d'écrire ces mots, après avoir touché du bout des doigts ce que je considère comme le Paradis: un monde ou la pluie ne tombe que la nuit....!!
Kaay à Mayotte
le retour des pèlerins...
Cette semaine, les pèlerins de la Mecque rentrent au pays après être restés un mois en Arabie Saoudite. Tous les Mahorais sont donc venus accueillir les Hadidjs à la barge qui a pris pour l'occasion les couleurs qu'elle réserve habituellement aux ministres d'état. Parmi les cinq piliers de l'Islam, ce dernier stipule que tout croyant qui a les moyens financiers et la force physique doit faire le pèlerinage au moins une fois dans sa vie.
"Quiconque accomplit le pèlerinage pour l'amour de Dieu, s'abtient de toutes relations sexuelles avec son épouse, ne fait pas de mal, et ne commet pas de péchés, alors il retournera chez lui après le pèlerinage sans péché, comme s'il était à nouveau né".
Sahih Al-Boukhari, Vol.2, livre 26, numéro 596
Les camions-benne remplacent les taxis-brousse et chacun s'est vétu pour l'occasion avec l'habit fraichement lavé de musulman. Colliers de fleurs, tam-tam, danses et chants accueillent dans la joie les Nouveaux Sages qui auront désormais une place à part. Il n'est pas rare d'entendre parler de quelqu'un en vous disant " il est allé à La Mecque ", avec cette marque de respect que l'on réserve aux plus grands.
Les ballots de tissus, de vêtements, de tapis de prière sont déchargés sur le quai et seront offerts à la famille et aux amis.
Je l'ai déjà dit, les bouénis n'aiment pas qu'on les prennent en photo. Alors, quand j'en ai l'occasion, je saute dessus ( sur l'occasion, hein, pas sur les bouénis...). Cette jeune fille m'explique que c'est parce qu'on ne se connait pas. Alors maintenant, on se connait... et j'ai ma photo.
Kaay à Mayotte
La femme au foyer...
Attoumani est un homme qui vient régulièrement acheter le lait en poudre et les couches pour son bébé. Alors qu'on lui demande pourquoi sa femme ne vient jamais nous voir, il nous explique la raison: il faut bien garder les enfants pendant qu'il travaille, sinon qui le ferait...?? alors, pour être sur qu'elle garde les enfants correctement, Attoumani enferme sa femme à la maison, et lui interdit de sortir, même pour acheter les aliments. Il est là pour ça. Et surtout, elle est bien trop belle pour s'afficher dans la rue. Quand sa femme sort, c'est avec lui, et voilée. Il la considère comme un trésor dont il serait le seul gardien, le seul à pouvoir contempler sa beauté.
Les femmes qui trainent dans la rue, ça ne donne rien de bon, et ses filles n'auront pas le droit de sortir jusqu'au jour de leur mariage. Les femmes ont été créees pour faire le bonheur de leur mari, et c'est tout...!!
Je me souviens toutefois qu'il y a quelques mois, Attoumani avait craqué sur une de nos collègue, et lui avait proposé une heure en sa compagnie en échange d'un billet de 10 euros.( on notera au passage la "générosité " d'Attoumani ).
Finalement, il n'est peut-être qu'un gros pervers qui est persuadé que tous les hommes se comportent comme lui, et rien que de penser qu'on pourrait faire le même genre de proposition à sa femme, les cheveux se dressent sur sa tête.
Hypocrisie, hypocrisie, quand tu nous tiens...!!
Kaay à Mayotte
le Festival Interculturel de Mayotte....
Du 04 au 14 novembre a lieu à Mamoudzou le Festival Interculturel de Mayotte. Je suis en vacances cette semaine et comme je ne pars pas (snif...), je compte bien en profiter pour prendre du bon temps.
J'ai donc commencé cet après-midi et ça tombe bien, il y avait un Déba à la M.J.C. de M'tsapéré. Définition du déba: cérémonie mi-religieuse, mi-festive qui s'apparente à une compétition entre groupes de femmes de villages différents.
Les femmes du même village portent toutes le même salouva et sont ainsi facilement identifiables.Au rythme du tambourin et sur les paroles des Versets du Coran, la danse se concentre avant tout sur les mouvements des bras et des mains.
Pour l'occasion, elles se parent de leurs plus beaux bijoux, et d'une fleur de jasmin dans les cheveux.
Le Déba est une affaire de femmes, et même si la présence des hommes n'est pas interdite, ils ne sont pas présents pour autant. Nous étions deux m'zunguns parmi toutes ces femmes mahoraises, et je me suis éclatée à prendre des photos. Les bouénis refusent la plupart du temps de poser devant l'objectif, mais là, le prétexte était tout trouvé...!!
La jeunesse des femmes m'a étonnée, je pensais que les jeunes ne s'intéressaient plus à ces rituels, et j'avais tout faux: elles sont nombreuses à être là pour perpétuer la tradition.
Les chants sont magnifiques et je les ai filmés pendant plusieurs minutes. Hélas, je ne sais pas les télécharger sur le blog, et c'est bien dommage car il me semble qu'on apprend bien à connaitre un peuple à travers sa musique et ses chants.
Chaque village va défiler ainsi jusqu'à la nuit tombée jusqu'au prochain déba dans le village invité. Une bien jolie façon de rendre l'invitation...!
Kaay à Mayotte




















