Sur le départ....
Notre collègue Ludivine quitte Mayotte pour l'île de la Réunion après deux ans de bons et loyaux services. On a pris l'habitude de faire un pot de départ et d'offrir par la même occasion des petits cadeaux typiques de l'île pour marquer l'évènement, et on essaie d'offrir un cadeau en fonction de la personnalité de chacun. Ainsi, Nathalie, sportive accomplie, a eu droit au mois d'avril au tour complet de l'île en U.L.M. et Sylvie l'année dernière à eu des objets en coco pour décorer sa maison de Madagascar.
Lulu se verra offrir, en autres choses, des bouénis peintes sur des galets, souvenir typique des Comores. Nous avons vu ça il y a quelques jours, et l'idée nous a enchanté: petits, légers (c'est important quand la seule préoccupation est de ne pas payer de supplément de bagage au moment de prendre l'avion ), et on est sûr qu'elle ne trouvera pas ça ailleurs. Je ne sais pas quel l'artiste peint ces galets, mais l'idée est géniale: la couleur du salouva existe en noir et en bordeau, et j'aime bien les tongs aux pieds. Un cadeau pas cher et mignon tout plein, c'est suffisament rare pour être signalé.
Alors, en attendant d'en savoir plus sur celui ou celle qui doit passer beaucoup de temps sur les plages (la vie est dure, décidément...) pour nous offrir ces merveilles, je vous souhaite un agréable week-end ensoleillé. (on dirait la dame de la météo, ma parole...!!)
Kaay à Mayotte
des petites choses...
J'ai une malle pleine de souvenirs des Caraïbes qui m'attend quelque part en France dans la famille. A chaque voyage, je ramène des petites choses futiles qui me plaisent. Et le jour ou je partirai vers une autre destination, ceux-ci rejoindront les autres, en attendant d'avoir une maison bien à moi pour exposer tous mes "trésors".
Ma copine Julie m'a rapportée cette boite d'un récent voyage à Moroni, une île des Comores au nord de Mayotte. Je ne sais pas de quel bois elle est faite mais je la trouve très jolie. Pour me convaincre de la finesse du sable que l'on trouve sur les plages, Julie m'en avait mis à l'intérieur de la boite et je l'ai gardé. L'exotisme à l'état pur..!!
On met le riz fraichement ramassé dans le tamis et on le rince à l'eau pour en retirer l'amidon et les impuretés. On en trouve partout sur les marchés et en différentes dimensions. Je m'en sers pour faire sécher les tranches d'oranges ou de citrons pour mes pots-pourris, et mes mélanges d'épices restent en général en l'état parce que, finalement, je trouve ça très bien...!!
Les dessous de verre en bois de palissandre avec incrustation de nacre viennent de Madagascar. J'adore les tortues..!!
Le carillon en bambou sert aussi de nichoir aux oiseaux. Bon, peu d 'oiseaux viennent nous rendrent visite, ils préfèrent la gouttière ou ils sont plus à l'aise pour y construire leur nid. Le son des bambous qui s'entrechoquent quand le vent passe à travers, c'est LE son exotique par excellence..!! Ce qui me sert de store, c'est un rideau en coton ajouré au point de Richelieu, Récélé en créole malgache. Très frais, j'attends de retourner à Madagascar pour en rapporter une cargaison. Rideau, nappe, parure de lit, et set de table, toutes les maisons à Mayotte possèdent au moins un Récélé. Et moi qui déteste les rideaux, et bien, j'ai changé d'avis...!!
La table de salon malgache en bois de palissandre est taillée dans un seul bloc. Elle est belle, elle sent bon, et ma soeur Corinne, menuisier de son état, va hurler en voyant la façon dont je traite le plateau. Je promets de la cirer dans la semaine, parce qu'en plus, j'adore l'odeur de la cire d'abeille...!!
Comme Boucle d'Or et les Trois Ours, chez nous, c'est chacun sa chaise, la grande pour Pascal et la petite pour moi. La mienne à des motifs comoriens, celle de Pascal des makis sont sculptés dans le bois. Et je promets de les cirer ce week-end, en même temps que la table...!!
Pascal m'a offert la grande, et je lui ai offert la petite...!!
Ma dernière impulsion: une tirelire en noix de coco. Juste un délire pour finir cette note sur les arts des îles.
Kaay à Mayotte
une bien jolie rencontre...
C'est une belle journée qui commence, ce matin. Je suis en congé pour la journée, il fait beau et je décide d'aller explorer les plages à la recherche de bois flottés. Je passe donc dans le village de Labattoir et, en passant devant une petite case, je tombe en arrêt devant cette scène: deux bouénis, la mère et la fille sont en pleine activité de travaux de couture.
Mon vocabulaire est limité, le leur en français aussi. Shimaoré...?? (vous parlez mahorais) non, shim'zungu..?? (vous parlez blanc) non plus. Tant pis, je connais quelques mots et la fille aussi, on se débrouillera. Elle me raconte que sa mère brode un Récélé, broderie malgache au point de Richelieu (Récélé en créole). Je lui demande si je peux prendre une photo. Je voudrais prendre la vieille femme en train de broder, mais elle étend son drap pour me montrer son travail dans son entier.
Elle va passer trois mois sur ce drap, à travailler du lever du soleil au coucher, avant de le livrer à la cliente. Quarante années de broderie au bout des doigts défilent sous mes yeux. Le thème en est toujours le même: les fleurs. C'est ce qu'il y a de plus beau, les fleurs..!!
Elle a bien raison, et je connais le résultat de sa broderie, c'est magnifique. On en trouve parfois au marché, à vendre un prix indécent, sans rapport aucun avec la peine du travail effectué.
Sa fille coud des salouvas pour les clientes du marché local. Elle ne veut pas reprendre le flambeau. Trop pénible, et pas assez rentable.
Il reste peu de brodeuses sur l'île, et je suis ravie d'avoir pu en rencontrer une.
En partant ce matin, j'avais dans l'idée de trouver des bois flottés sur la plage. Evidemment, il n'en fut rien. J'ai juste oubliée qu'il fallait laisser place au hasard, parce que c'est bien connu, c'est grâce à lui si on fait les plus jolies rencontres...!!
Kaay à Mayotte
Les journées du patrimoine...
L'association Ouhayati " ce qui vit " en mahorais, a ouvert ses ateliers au public à l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine.
Cette association a pour but d'aider des artisans à s'insérer dans le monde du travail, et de leur permettre de vivre de leur art. Mes horaires d boulot se sont arrétés à 13h, si bien que j'ai loupé la démonstration du potier et celle de la brodeuse.
Les ateliers étaient vides et je me suis retrouvée seule à visiter les locaux.
Les objets constituants le patrimoine de Mayotte étaient mis en exposition dans le petit jardin de l'atelier à Mamoudzou. Ici, le menuisier a sculpté le Coran sur une planche de bois.
Le banga a été construit par Ahmed il y a deux ans et on peut le voir dans le jardin attenant à l'atelier. Véritable patrimoine de l'île, dans quelques années, nous n'aurons sans doute plus l'occasion d'en voir, les appartements préfabriqués commançant à faire leur apparition.
Les murs sont en torchis, et le sol en terre battue.
Un tronc de cocotier et son mortier constituent les seuls éléments " décoratifs " de cet intérieur.
La poterie sèche sur des claies de bambous et sera vendue dans la semaine pour un usage domestique. La terre cuite est cependant de plus en plus remplacée dans les foyers par des récipients en plastique de toutes les couleurs, moins chers et plus solides.
Tout le nécessaire pour faire le m'zinzano: la pierre de corail sur laquelle le bois de santal est réduit en poudre à l'aide du galet trouvé sur la plage. Loin d'être un ornement folklorique, ce masque est porté quotidiennement par la plupart des femmes, et on trouve très facilement sur le marché les ingrédients à peu de frais.
On râpe la noix de coco sur cette chaise joliment sculptée, avec la partie métallique (en haut sur la photo). Je ne connais pas le nom mahorais de cet objet, mais on en trouve de toutes les tailles, même des minuscules pour un usage décoratif.
Le patrimoine artisanal de Mayotte est quasi inexistant; il vient la plupart du temps des îles voisines des Comores et de Madagascar. Cette visite m'a pris en toute une petite heure, en comptant la visite à la boutique ou j'ai acheté un pot de miel ( de Madagascar) et des petits pots de gelée de papaye.
Ces objets qui constituent le patrimoine culturel et artisanal sont ancestraux et ne sont pas réservés à un usage décoratif. Ils servent tous les jours dans les cuisines de Mayotte, et font partie de la dot que la mariée apporte dans le foyer.
Kaay à Mayotte




















